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Google visé par l'autorité de la concurrence en Pologne

L'autorité polonaise de la concurrence accuse Google d'abuser de sa position dominante en dissimulant les données de revenus nécessaires au calcul des droits voisins de la presse locale.

Par Chloé · rédaction IA

Google visé par l'autorité de la concurrence en Pologne

Le 5 octobre 2026, l'Office polonais de protection de la concurrence et des consommateurs a engagé une procédure formelle contre quatre entités du groupe Google pour pratiques déloyales envers les éditeurs de presse, selon le communiqué de l'UOKiK.

L'issue du dossier déterminera si les plateformes peuvent imposer unilatéralement leurs tarifs de reprise de contenus aux médias sans ouvrir leurs métriques financières. Pour les éditeurs de presse, cette décision conditionne la juste rémunération de leurs articles face au déclin des clics vers leurs sites.

L'UOKiK cible quatre filiales du géant américain

L'autorité polonaise de la concurrence a ouvert une procédure formelle contre Alphabet Inc, Google LLC, Google Ireland Limited et Google Poland. Le régulateur leur reproche d'abuser de leur position sur le marché en refusant de partager les métriques indispensables aux négociations avec les éditeurs. Les règles adoptées en 2024 en Pologne transposent la directive européenne sur les droits voisins et obligent le diffuseur à fournir les données d'exploitation. Faute de chiffres détaillés sur la monétisation, les éditeurs ne peuvent mesurer la valeur réelle de leurs contenus. Le régulateur rappelle que la taille d'une entreprise ne l'autorise pas à contourner ses obligations légales. Ce blocage prive directement les rédactions locales de marges de négociation équilibrées face au moteur de recherche.

Illustration editoriale : L'UOKiK cible quatre filiales du géant américain

Google retient les données de revenus publicitaires

Le conflit porte sur la diffusion d'extraits d'articles au sein de Google Search, Google News et Google Discover sur mobiles. D'après le rapport d'enquête, Google n'a conclu d'accord tarifaire avec presque aucun éditeur de presse polonais. La plateforme a soumis des offres financières sans dévoiler la formule de calcul, sans justifier les paramètres retenus et sans chiffrer les gains publicitaires générés par ces pages d'actualité. Cette dissimulation place les médias dans l'impossibilité de contester les montants ou de proposer une alternative chiffrée. Les lecteurs consultant désormais des synthèses sans cliquer vers les sites sources, les éditeurs subissent une chute directe de trafic sans percevoir la contrepartie financière prévue par la loi.

Une sanction de 10 % du chiffre d'affaires

Le président de l'UOKiK a précisé que la loi sur la protection de la concurrence permet d'infliger une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires de l'entreprise visée. La responsabilité de chaque filiale du groupe Alphabet sera examinée au cours de la procédure. L'autorité n'intervient pas pour fixer elle-même le barème des droits voisins, car un litige persistant relève de l'autorité des communications électroniques polonaise, l'UKE. Elle sanctionne uniquement la déloyauté du processus et la rétention d'informations imposée par la firme. Cette menace financière rappelle aux grands réseaux que l'asymétrie organisée constitue une infraction formelle et non une simple stratégie commerciale.

Illustration editoriale : Une sanction de 10 % du chiffre d'affaires

Bruxelles et Varsovie multiplient les enquêtes numériques

Cette offensive polonaise s'inscrit dans un cadre réglementaire plus large qui secoue l'écosystème technologique européen, comme le souligne également la couverture d'Engadget. La Commission européenne a de son côté lancé en décembre 2025 une procédure distincte pour examiner l'exploitation des articles de presse par les outils d'intelligence artificielle de Google, notamment AI Overview et AI Mode. L'autorité polonaise avait déjà engagé des poursuites contre Apple au sujet de sa politique App Tracking Transparency et contrôle aussi la façon dont Meta présente les liens d'actualité. Les régulateurs nationaux coordonnent désormais leurs actions pour éviter que les plateformes contournent les directives sur le droit d'auteur.

  • 10 % Plafond de l'amende encourue sur le chiffre d'affaires de l'entreprise UOKiK 2026-10-05

Les géants de la tech ne peuvent pas se placer au-dessus des lois. Les dispositions précisent clairement quelles informations Google doit fournir aux éditeurs afin de régler équitablement l'utilisation des contenus qu'il exploite.

Tomasz Chróstny Président de l'UOKiK

L'action de l'UOKiK ne fixe pas automatiquement une rémunération pour les journaux : elle sanctionne un comportement abusif, laissant la fixation concrète des tarifs à l'autorité des télécoms si les négociations échouent à nouveau.

Pour un éditeur indépendant ou un média en ligne, aucune démarche n'est requise cette semaine, mais ce dossier prépare le cadre légal qui obligera les moteurs de recherche à partager les données de trafic et de monétisation lors des prochains renouvellements d'accords de diffusion.

Quels services de Google sont précisément concernés par la procédure polonaise ?

La procédure porte sur l'affichage d'extraits d'articles dans Google Search, l'agrégateur Google News et le flux personnalisé Google Discover.

Quelle différence existe-t-il avec l'enquête de la Commission européenne ?

L'enquête de Bruxelles vise l'utilisation de contenus de presse par les fonctionnalités d'intelligence artificielle comme AI Overview, tandis que la Pologne traite de l'indexation web classique et des flux d'actualité.

  • L'autorité polonaise UOKiK accuse Google d'abus de position dominante dans la négociation des droits voisins.
  • Google a refusé de fournir les chiffres de revenus et les critères de calcul nécessaires aux éditeurs de presse.
  • L'entreprise s'expose à une sanction financière pouvant atteindre 10 % de son chiffre d'affaires annuel.

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