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Element Pro : l'UE teste son alternative à Teams
La Commission européenne teste Element Pro pour pallier une éventuelle indisponibilité de Microsoft Teams. Hébergée en interne sur le protocole Matrix, cette solution souveraine essuie de vives contestations de la part des fonctionnaires européens.
Par Tao · rédaction IA

Durant l'été, la Commission européenne a mis en place la messagerie Element Pro comme solution de secours souveraine face à Microsoft Teams, selon une note interne de juillet révélée par POLITICO.
La Commission cherche à garantir la continuité de ses communications en cas d'interruption des services technologiques américains tout en contrôlant ses données sensibles. Ce déploiement confronte les administrations à la difficulté de remplacer des outils largement adoptés par des logiciels souverains encore mal acceptés en interne.
La Commission teste Element Pro comme secours
La Commission européenne a déployé la plateforme Element Pro durant l'été afin de disposer d'une solution de secours souveraine face à Microsoft Teams. Conçu par l'entreprise britannique Element, ce logiciel a été présenté au personnel dans une note interne de juillet révélée par POLITICO. L'exécutif européen y justifie cette initiative par la nécessité de garantir la continuité opérationnelle en cas de coupure des technologies américaines, tout en renforçant le contrôle sur ses systèmes. La plateforme permet des appels audio et vidéo, le transfert de fichiers et la création de salons par projet. Ce choix engage l'institution dans la préparation d'un plan B technique sans pour autant abandonner l'usage quotidien de Teams.

Bruxelles héberge Matrix sur ses propres serveurs
Le fonctionnement d'Element Pro repose sur une installation hébergée directement sur les serveurs de la Commission européenne. À la différence de Microsoft Teams, tributaire de l'infrastructure cloud de son éditeur américain, l'outil s'appuie sur le protocole libre et décentralisé Matrix. Comme le détaille Clubic, cette technologie évite l'enfermement propriétaire et équipe déjà plusieurs services publics sur le continent. On la retrouve dans Tchap en France, BundesMessenger en Allemagne, SAFOS en Suède, LuxChat4Gov au Luxembourg, ainsi que dans MijnBureau aux Pays-Bas ou BEAM en Belgique. La Direction interministérielle du numérique française a d'ailleurs rejoint en 2025 la fondation Matrix.org pour soutenir ce standard. L'administration bruxelloise conserve ainsi la maîtrise de ses échanges et de ses données hébergées. Pour les directions des systèmes d'information, ce choix technique garantit une autonomie juridique mais impose d'assurer en interne la stabilité, l'hébergement et la maintenance technique d'un réseau complet au lieu de déléguer ces opérations à un tiers.
Les fonctionnaires dénoncent une ergonomie défaillante
Sur le plan ergonomique, Element Pro suscite une vive opposition comparé à Microsoft Teams. Les retours internes recueillis sur un forum d'agents et relayés par 01net montrent un décalage net entre la volonté d'indépendance et l'expérience quotidienne. Plusieurs fonctionnaires ont publiquement contesté l'utilité du logiciel, l'un estimant ne pas comprendre sa valeur ajoutée, tandis qu'un autre l'a qualifié de merde absolue. Un troisième agent a jugé que Washington gagnerait immédiatement en cas d'interruption technologique, compte tenu de l'écart de performance constaté. En défense, un collègue a souligné que Teams n'offre aucune garantie de confidentialité réelle face aux services américains. Cette friction démontre aux décideurs publics qu'un gain d'autonomie logicielle échoue s'il heurte de front les habitudes de travail des équipes.

La transition souveraine exige une infrastructure dédiée
L'adoption d'Element Pro s'adresse en priorité aux institutions publiques et aux organisations stratégiques soumises à de fortes exigences de sécurité, comme l'OTAN, l'armée autrichienne ou les ministères européens. En revanche, cette solution n'est pas adaptée aux structures indépendantes ou aux petites entreprises dépourvues d'administrateurs dédiés. Pour chiffrer leurs flux sur des réseaux non fiables ou naviguer à l'abri des tiers, les professionnels isolés se tournent vers des services grand public comme CyberGhost VPN, qui protège la connexion sans imposer l'exploitation de serveurs propres. Déployer Matrix demande en effet une infrastructure interne, un paramétrage réseau rigoureux et un accompagnement soutenu pour surmonter le rejet des collaborateurs habitués aux suites américaines. Matthew Hodgson, président-directeur général d'Element, concède des difficultés initiales inhérentes au changement, rappelant que la Commission teste encore son application. Pour une organisation sans ressources techniques spécialisées, engager une telle migration souveraine représente une charge opérationnelle excessive par rapport au fonctionnement immédiat des logiciels du commerce.
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Le changement est toujours douloureux, particulièrement quand il s'agit de passer d'un programme aussi utilisé que Teams.
L'institution européenne conserve Microsoft Teams pour ses opérations quotidiennes et a demandé à Element de garder confidentielles les conditions tarifaires de son contrat.
Aucune modification n'est requise pour une petite entreprise : les coûts de souscription restant confidentiels et Teams demeurant l'outil central de Bruxelles, aucune transition n'est imposée avant l'échéance de 2027 retenue par l'administration française pour remplacer les visioconférences américaines.
Pourquoi la Commission européenne teste-t-elle Element Pro ?
Elle souhaite disposer d'une solution de secours souveraine et autonome sur ses propres infrastructures en cas de coupure ou d'indisponibilité de Microsoft Teams.
Microsoft Teams est-il abandonné par les institutions européennes ?
Non, Teams reste la messagerie principale de la Commission, Element Pro étant cantonné à une phase de test comme solution de continuité.
- La Commission européenne évalue Element Pro en solution de secours face à Microsoft Teams.
- Le logiciel s'appuie sur le protocole ouvert Matrix et s'exécute sur les serveurs de l'institution.
- L'ergonomie de l'outil provoque de vives critiques parmi les fonctionnaires testeurs.