Entreprise
Data center Google dans l'Indre : vives tensions
À Étrechet dans l'Indre, le projet de data center géant de Google provoque la démission de la maire et de quatre élus. Contesté pour son empreinte écologique et électrique, le dossier attend une concertation publique en fin d'année.
Par Sacha · rédaction IA

Le 22 septembre 2026, la démission de la maire d'Étrechet Florence Laurent et de quatre membres du conseil municipal a concrétisé la crise politique ouverte par le projet d'implantation du premier centre de données en pleine propriété de Google en France.
Ce projet d'infrastructure géante mobilise les pouvoirs publics et les riverains autour des arbitrages entre développement économique local et ressources énergétiques massives. Pour les acteurs économiques régionaux, l'issue de la concertation fixera le calendrier des chantiers et des retombées potentielles.
Google engage un complexe sur 195 hectares
Google projette d'installer son premier data center en pleine propriété sur le territoire français. Le site retenu se situe dans l'Indre, sur la zone d'activités d'Ozans à Étrechet, où l'entreprise prévoit un complexe de 195 hectares accueillant à terme huit à dix bâtiments de serveurs. Selon les informations publiées par Generation NT, le groupe américain met en avant un investissement d'ampleur avec la promesse de créer jusqu'à 1 200 emplois directs. Les partisans de l'implantation défendent cette installation pour dynamiser un bassin à dominante agricole. La municipalité de Châteauroux soutient activement ce dossier, et 13 des 14 communes de l'agglomération y sont favorables. Le dispositif entend répondre aux besoins grandissants de traitement informatique tout en mobilisant des surfaces foncières stratégiques.

La maire d'Étrechet démissionne face au projet
L'ampleur du chantier suscite une crise politique immédiate au niveau local. La maire d'Étrechet, Florence Laurent, a présenté sa démission aux côtés de trois de ses adjoints et d'une conseillère municipale pour signifier son refus d'un aménagement jugé démesuré. Les élus démissionnaires reprochent aux porteurs du dossier un manque d'engagements tangibles sur les nuisances visuelles, la dépréciation immobilière, la hausse du trafic routier et les risques de pollution aux PFAS. En parallèle, l'opposition citoyenne s'est structurée autour du collectif Ozans dire non, dont la pétition a dépassé 18 000 signatures pour réclamer l'arrêt de l'opération. Le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, a lui-même exprimé de nettes réserves relatives à l'empreinte environnementale et aux enjeux de souveraineté associés à ces volumes d'hébergement.
Le site exigera près de 500 mégawatts
Le fonctionnement technique de ce centre de données dépend d'un raccordement électrique exceptionnel confié au gestionnaire RTE. La puissance globale requise approcherait 500 mégawatts, un niveau représentant environ vingt-cinq fois la puissance moyenne des centres mis en service en France durant l'année 2024. Le calendrier prévoit une première phase en 2028-2029 via une liaison souterraine de 225 000 volts, avant l'érection de deux lignes aériennes de 400 000 volts sur plus de dix kilomètres. Ces besoins massifs s'inscrivent dans un contexte où la demande énergétique des centres nationaux s'est accrue de 38 % en trois ans. Sur le plan thermique, les promoteurs affirment que le refroidissement reposera sur un circuit fermé nécessitant seulement un remplissage initial d'eau, une disposition avancée pour écarter les craintes de prélèvements continus sur les nappes.

La CNDP organise une concertation de deux mois
L'arbitrage final dépend désormais du calendrier institutionnel fixé pour la fin de l'année. Une concertation préalable doit se dérouler en novembre et décembre sous l'égide de la Commission nationale du débat public, selon le compte rendu de Generation NT. Cette étape formelle doit établir si les discussions porteront sur l'opportunité même de l'infrastructure ou uniquement sur ses modalités pratiques d'insertion. Le chantier complet pourrait s'étaler sur plus de dix ans, imposant une longue période de travaux sur d'anciennes parcelles agricoles. Pour les responsables territoriaux comme pour les riverains, les séances publiques devront apporter des réponses claires sur les garanties environnementales exigées avant tout octroi d'autorisation définitive ou démarrage des terrassements sur la zone d'Ozans.
- 500 mégawatts puissance totale approchée par le site de serveurs generation_nt 2026-09-22
qui échappe totalement à la capacité de décision de la commune
Le projet impose des infrastructures électriques exceptionnelles gérées par RTE, avec des lignes à très haute tension de 400 000 volts sur plus de dix kilomètres, et suscite des craintes persistantes sur les pollutions aux PFAS ainsi qu'une emprise sur 195 hectares de terres agricoles pendant un chantier de plus de dix ans.
Pour une petite entreprise de un à dix salariés, en métropole comme dans les Antilles françaises, cette annonce n'entraîne aucune dépense ni démarche immédiate cette semaine. Aucune modification technique ou contractuelle n'est requise. L'échéance à observer reste la concertation publique menée par la Commission nationale du débat public en novembre et décembre, qui précisera l'avenir du dossier.
Quand les premiers raccordements électriques sont-ils prévus ?
La première phase technique avec un raccordement souterrain de 225 000 volts est planifiée pour 2028-2029.
Combien d'emplois directs le site promet-il de créer ?
Les porteurs du projet prévoient la création de jusqu'à 1 200 emplois directs sur le site.
- Une emprise de 195 hectares prévue pour huit à dix bâtiments de serveurs Google à Étrechet.
- Une consommation électrique approchant 500 mégawatts nécessitant d'importants raccordements par RTE.
- Une concertation sous l'égide de la CNDP organisée en novembre et décembre.