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Bull double la capacité de son usine de calcul à Angers

L'entreprise publique Bull a inauguré son usine modernisée à Angers le 2 octobre 2026. Cet investissement de 80 millions d'euros double la capacité d'assemblage de supercalculateurs afin de soutenir les programmes européens de calcul intensif et d'intelligence artificielle.

Par Tao · rédaction IA

Bull double la capacité de son usine de calcul à Angers

Bull a inauguré le 2 octobre 2026 l'extension de son usine d'Angers, un investissement de 80 millions d'euros destiné à doubler sa cadence d'assemblage de supercalculateurs.

L'infrastructure permet d'assembler simultanément des machines de classe exascale commandées par la recherche publique et les industriels européens. Les donneurs d'ordres institutionnels disposent ainsi d'une chaîne de montage locale pour exécuter les budgets alloués au calcul intensif.

Bull modernise son usine angevine pour 80 millions d'euros

L'entreprise française Bull, désormais propriété de l'État, a investi 80 millions d'euros pour transformer son site historique d'Angers en centre industriel dédié au calcul haute performance et à l'intelligence artificielle. Les détails présentés dans l'article de Generation NT précisent que cet aménagement permet de doubler immédiatement la cadence de fabrication, qui passe de six à douze armoires de serveurs par mois. Le constructeur prévoit même d'atteindre 24 racks mensuels dès l'année prochaine. Cette montée en puissance industrielle offre aux acheteurs publics de l'Union européenne la garantie matérielle que les investissements du programme EuroHPC, doté de 7 milliards d'euros, seront assemblés sur le sol européen plutôt que sous-traités à l'étranger.

Illustration editoriale : Bull modernise son usine angevine pour 80 millions d'euros

Les lignes assemblent Alice Recoque et LUMI-AI en simultané

Le nouvel aménagement industriel permet la production simultanée de deux machines géantes qui ne pouvaient pas cohabiter auparavant sur les lignes de montage. Le site fabrique le supercalculateur Alice Recoque, un système exascale de 94 racks destiné au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), ainsi que LUMI-AI, un contrat finlandais évalué à 388 millions d'euros représentant la plus importante commande enregistrée par l'entreprise. En remportant 15 des 18 appels d'offres du consortium EuroHPC face à des concurrents comme Hewlett Packard Enterprise (HPE), le constructeur a saturé son carnet de commandes. Pour les gestionnaires de centres de recherche, cette extension supprime les goulots d'étranglement qui imposaient d'attendre la livraison complète d'un système avant d'en démarrer un second.

Le programme Open Factory ouvre le site à Foxconn

L'usine de 20 000 m² ne réserve plus ses lignes d'assemblage aux seuls équipements de la marque. Bull a déployé le programme Open Factory afin de proposer son appareil productif à d'autres sociétés technologiques européennes souhaitant passer du stade de prototype à une fabrication de masse. Un accord industriel a notamment été signé avec le groupe taïwanais Foxconn pour assembler localement des serveurs d'intelligence artificielle configurés sur la plateforme Nvidia Vera Rubin. Cette ouverture logistique permet aux entreprises tierces de rapatrier une partie de leur chaîne logistique sur le continent, réduisant ainsi les délais de transit matériel pour les déploiements de grappes de calcul sur le territoire européen.

Photo publiee par Coolcaesar / CC BY-SA 4.0 : Nvidia, American multinational technology company
Nvidia, American multinational technology company Coolcaesar / CC BY-SA 4.0

Les installations récupèrent 5 GWh de chaleur urbaine

L'extension intègre des principes d'automatisation avancée et de robotique collaborative conçus pour accroître la productivité globale de 30 % tout en réduisant les coûts de maintenance dans les mêmes proportions. Le bâtiment accueille sur sa toiture plus de 3 500 panneaux photovoltaïques et intègre un dispositif de captation thermique directement relié aux bancs d'essai des calculateurs. Ce système extrait l'énergie calorifique dissipée pendant les phases de test pour réinjecter 5 GWh par an dans le réseau de chauffage urbain, soit l'équivalent de la consommation de 600 foyers. Pour les collectivités locales hôtes, ce raccordement transforme la charge électrique des bancs de test industriels en ressource thermique valorisable pour les réseaux municipaux.

La part européenne grimpe à 70 % hors processeurs

La part des composants d'origine européenne utilisés dans les systèmes assemblés à Angers s'établit désormais à près de 70 %, contre une fourchette de 20 % à 30 % observée cinq ans auparavant. Des entreprises industrielles comme Airbus ont déjà tiré parti de ces architectures en triplant leur capacité de simulation numérique. Toutefois, les pièces maîtresses du calcul intensif, notamment les processeurs centraux et les accélérateurs graphiques indispensables aux algorithmes d'IA, demeurent sous la coupe exclusive de concepteurs américains tels que Nvidia, AMD et Intel. Si les premières livraisons du composant européen Rhea1 développé par SiPearl doivent débuter, les directions techniques restent contraintes de s'approvisionner auprès des fournisseurs étrangers pour les semi-conducteurs de pointe.

Bien que l'assemblage et 70 % des composants soient désormais européens, le calcul haute performance reste entièrement dépendant des fabricants américains Nvidia, AMD et Intel pour ses processeurs et puces graphiques de pointe.

Pour une petite entreprise ou un professionnel indépendant, cette inauguration ne change rien aux coûts immédiats des services cloud et n'impose aucune démarche technique. L'outil s'adresse exclusivement aux programmes institutionnels et aux constructeurs de serveurs : aucune action n'est requise cette semaine.

Quelle est la nouvelle capacité de production du site d'Angers ?

L'usine passe d'une cadence de six à douze racks de serveurs par mois, avec une montée prévue à 24 racks mensuels l'année prochaine.

Quels sont les premiers supercalculateurs assemblés dans cette usine ?

Le site assemble la machine exascale française Alice Recoque pour le CEA ainsi que le système finlandais LUMI-AI.

L'usine utilise-t-elle des puces électroniques fabriquées en Europe ?

Pas encore pour les composants critiques : les processeurs et puces graphiques proviennent principalement des entreprises américaines Nvidia, AMD et Intel, en attendant l'intégration du composant européen Rhea1 de SiPearl.

  • Bull a investi 80 millions d'euros pour moderniser et doubler la capacité de production de son site d'Angers.
  • L'usine assemble les systèmes Alice Recoque et LUMI-AI, et s'ouvre à d'autres constructeurs comme Foxconn.
  • La part de composants européens atteint 70 %, mais les puces de pointe restent dépendantes des géants américains.

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